Archives mensuelles : juin 2015

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juin 30, 2015 · 7:00

Marcher

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Marcher 

pour retrouver goût à la terre

et peser le poids d’un pas

et retrouver l’accord en soi

au diapason de l’univers

Marcher

pour sentir le silence

envahir l’espace et retenir les mots

S’en saouler comme d’un vin nouveau

qui rend au vieil homme son enfance

Marcher

en sachant qu’à l’étape

ils seront tous là les amis,

avec le cadeau de leur visage,

décapé au soleil de midi

comme transparent et sans âge

Ensemble, 

nous allumerons nos feux de bois,

et partagerons notre repas.

Puis nous irons cueillir la nuit

et dormir dans son lit

d’étoiles

Marcher, 

avec nos vies palpipantes en nos mains,

au singulier ou au pluriel.

Comme des pèlerins de l’essentiel.

 

Mylène Vachette

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Manifeste pour une nouvelle femme française

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Les progrès accomplis par la société ont véritablement changé la vie des femmes, mais l’ont-ils réellement améliorée ?

« Plus qu’hier, les femmes sont incomprises, dévalorisées. Les mères sont épuisées, culpabilisées, défaites à la fin du jour. Les femmes ne trouvent pas leur place, n’ont plus de temps, n’en peuvent plus de faire le grand écart entre le travail et la vie familiale. Plus qu’hier, elles ne se trouvent pas assez belles, elles sont affamées par les régimes. Terrifiées par leurs rides, elles vivent dans la peur de vieillir, et se replient sur elles-mêmes dans le silence de leur souffrance. »

« Nous récusons une certaine forme de féminisme qui s’est construit « contre » les hommes, le patriarcat, l’ordre établi, mais aussi contre le féminin et donc contre l’identité profonde de la femme…afin de revendiquer tous les acquis masculins, le féminisme a calqué les valeurs de la femme sur celles de l’homme. »

Pour en savoir plus, c’est ici : Le Corset Invisible, Eliette Abécassis & Caroline Bongrand

 

 

 

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La grandeur ne se marchande pas !

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« La grandeur ne se marchande pas ! Elle exige des sacrifices ! La grandeur ne s’achète pas, ne se vend pas ! Elle a besoin de cette part, en chacun de nous, qui élève à un moment ou un autre ! Vous entendez : c’est bien, c’est mal ; répondez : c’est grand, c’est petit ! Vous entendez : tâche d’être heureux ; répondez : pas à n’importe quel prix ! Vous entendez : pense à toi ; répondez : je pense au-delà de moi, loin dans le temps et à une échelle qui donne le vertige ! Etre grand, c’est voir grand, c’est vivre grand et mourir grand ! C’est ne pas se perdre en milles  choses futiles, c’est ne pas perdre de vue le spirituel au milieu du matériel, c’est refuser d’être ordinaire ! La grandeur, c’est aussi se dire : je m’élèverai en élevant les autres ! je lutterai contre mes faiblesses et mes lâchetés ! la grandeur, c’est s’habituer à l’idée de devoir un jour se battre. Parce que la grandeur ne se marchande pas… ».

 

Erik Saint-Jall, La Compagnie de la Grande Ourse, Extrait

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juin 24, 2015 · 7:00

Grand Bal de l’Europe !

Le Grand Bal de l’Europe aura lieu du 17 au 24 Juillet à Gennetines ! Vous pourrez y découvrir de nombreuses danses régionales et européennes.

La danse, c’est opposer les liens sociaux aux liens individuels, c’est incarner que l’homme n’est jamais seul au milieu de la danse des événements, que si beaucoup dépend de nous, nous appartenons à un tout !

 

Entrez dans la danse !

 

Plus d’informations : https://gennetines.org

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Interview exclusive : l’artisanat d’art !

Après des études de géologie, Orianne est aujourd’hui devenue tapissière. Elle a accepté de répondre à nos questions pour Filles de Loups. Retour sur un parcours passionné et atypique.
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Orianne, peux-tu nous expliquer ce que tu fais aujourd’hui ? 

Je suis apprentie tapissière : je restaure les garnitures de sièges : fauteuils, canapés, tabourets… qu’ils soient anciens ou récents. Je travaille aussi sur les têtes de lit, et il m’arrive de refaire des sommiers tapissiers et des matelas en laine. La plupart du temps, sauf pour le mobilier design, je travaille avec des techniques traditionnelles, c’est à dire que je fais des garnitures en crin, comportant des ressorts, et j’utilise presque exclusivement des matériaux naturels (toiles de jute, cordes en chanvre, fibre de coco, laine de mouton, plumes de canard…)
Quand je ne suis pas à l’atelier, je peux être en chantier, pour poser des tentures murales, ou en boutique, où je conseille les clients en décoration d’intérieur et je les accompagne dans le choix des couleurs, tissus, meubles, objets de décoration…

Où aimerais-tu travailler plus tard ?
Le sommet de la réussite, pour un tapissier, c’est d’être à la tête d’une belle entreprise, ou de travailler pour le mobilier ou les monuments nationaux. Mon projet, pour le moment, c’est de terminer de me former (on dit qu’il faut 8 à 10 ans pour faire un bon tapissier) et d’ouvrir mon atelier.

Penses-tu qu’on puisse vivre de son artisanat ? 
Oh oui ! Sinon je n’aurais pas choisi cette voie ! Dans l’artisanat d’art il y a peu d’embauche, parce que les charges patronales sont trop lourdes, mais il y a du travail. Et le fait de travailler dans la restauration plus que dans la création apporte, à mon avis, une certaine sécurité : le mobilier ancien aura toujours besoin d’être entretenu.
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Qu’est-ce qui t’a attiré dans le métier de tapissière ? 
Je voulais travailler dans l’artisanat d’art, et j’avais une préférence pour le travail du tissu. Et si beaucoup de professions m’intéressaient, le tapisserie m’a plu pour sa noblesse et sa richesse. Je trouve très gratifiant le fait de redonner vie à des objets qui peuvent avoir quelques centaines d’année, et mon travail est très varié : en deux ans d’apprentissage, je n’ai jamais fait deux fois la même chose. C’est un métier qui nécessite des connaissances très larges en histoire de l’art, du mobilier, des textiles, en connaissance des bois et des tissus, et comme c’est un métier très ancien, on doit connaître une quantité de techniques assez conséquente.

Que réponds-tu à ceux qui pensent que l’artisanat est mort ? 
Qu’ils aillent dire ça à leur boulanger ! Plus sérieusement, la délocalisation des entreprises et l’ampleur de l’industrialisation inquiète, bien sûr, mais je trouve que ces dernières années il y a un revirement par rapport à ça, et les gens recommencent à s’attacher à l’origine de ce qu’ils achètent, au fait de réparer plutôt que de jeter…
C’est toujours difficile de justifier une restauration de fauteuil à 800 ou 1000€, quand le client peut s’en débarrasser et le remplacer par un meuble acheté chez une grande enseigne moitié moins cher. Mais quand son fauteuil de magasin sera bon à jeter au bout de six mois, son antiquité restaurée, elle, aura encore au moins vingt à trente ans de vie devant elle avant de devoir être à nouveau regarnie, et pas forcément intégralement. Par contre, en parallèle, elle continuera à prendre de la valeur.
Le mobilier ancien représente un patrimoine qu’on se doit de préserver, et chaque pays a ses spécificités en matière de techniques de garniture, c’est pour ça qu’on ne pourra jamais complètement se passer de professions comme la tapisserie, l’ébénisterie, la dorure…

Quel a été le déclic qui t’a fait dire « je dois me réorienter après 4 ans de formation » ? 
Tout simplement parce que j’ai passé ces quatre ans à me chercher. Je trouvais la biologie et la géologie relativement intéressantes mais je ne m’épanouissais pas particulièrement. Et c’est en travaillant comme animatrice dans un CFA (centre de formation des apprentis) pour payer mes études que j’ai découvert l’intérêt de ce type de formations : on apprend directement « sur le terrain », au travail, on touche un salaire, et on termine sa formation en connaissant déjà réellement le monde du travail, et en ayant de l’expérience. Comme c’était clairement un manque de moyens financiers qui m’avait envoyé à la fac, l’apprentissage m’apportait tout le confort dont j’avais besoin pour me former, et l’artisanat d’art regroupait mes principaux centres d’intérêt. Je me suis lancée, et je ne regrette pas !

Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir tapissière (ou artisan) ?
La tapisserie demande une grande force physique, beaucoup de patience (il faut rarement moins de vingt heures pour garnir entièrement un fauteuil), de persévérance (il faut des années pour se former, et l’apprentissage est dur) de la minutie, un bon sens technique, un bon sens esthétique et beaucoup de connaissances en rapport avec le métier.
Je pense que pour être artisan en général, il faut être à même de tenir une comptabilité et gérer une entreprise, savoir recevoir et conseiller les clients. Je dirais que la volonté et la passion sont aussi des qualités indispensables, surtout par les temps qui courent…
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Quelles sont les difficultés principales pour un artisan ?
En tout premier lieu, je dirais la concurrence avec les grosses industries : beaucoup de gens préfèrent acheter leur baguette au supermarché, ça leur coûte moins cher, et ça leur évite d’avoir à aller à la boulangerie. Tout fonctionne comme ça : on va au plus rapide et au moins cher. Un artisan boulanger ne peut pas travailler plus vite qu’une machine, et même s’il fournit un travail de meilleure qualité, il doit payer les mêmes charges que le supermarché, et donc, forcément, les prix de ses pains sont plus élevés. La qualité sera certes meilleures, mais aujourd’hui, ce n’est plus un argument suffisant pour tout le monde. C’est un vrai problème qui engendre beaucoup de difficultés pour les petites entreprises.
L’artisanat souffre aussi beaucoup de la mauvaise image que l’on donne de l’apprentissage. On pousse les jeunes vers des secteurs plus « valorisants », et il y a de moins en moins d’apprentis à former, donc de moins en moins d’école, et des métiers disparaissent.

Alors, plus sérieusement, peut-on te passer commande ?
Légalement, pas encore. Je suis encore sous contrat d’apprentissage jusqu’à la fin du mois d’août, et ensuite, je signe un nouveau contrat pour un CAP de couturière d’ameublement, qui est le métier complémentaire à celui de tapissier. Ensuite, quand je travaillerai à mon compte, ce sera avec plaisir !
@crédit photo : Orianne R.

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juin 4, 2015 · 7:00

Nous sommes des ACTEURS !

 

Génération révolution ? ou génération dépression ? Enquête sur les 18-30 ans

Une enquête belge révèle qu’une part inquiétante des jeunes adultes (18/30 ans) nage dans la plus parfaite confusion quant à leur avenir, leur choix de vie et leur vision de la société. Beaucoup d’entre eux souffrent du paradoxe que leur « offre » la société, entre la promesse de vivre libre et heureux, et une réalité bien plus terne. Regard sur la mentalité des jeunes adultes.

Un constat alarmant ressort de l’étude du « Thermomètre Solidaris » qui prend régulièrement la température de la mentalité des belges. Ici, ce sont les 18/30 ans qui furent questionnés. Désabusés par la société, leur vision de « demain » est plutôt pessimiste, surtout en ce qui concerne l’avenir de leurs enfants. Voici quelques tendances que nous retiendrons à la lecture du rapport. Sont-elles le reflet d’une réalité ? Peut-être de votre propre réalité ? A vous de juger.

83%, c’est le nombre des jeunes adultes qui estiment qu’ils devront se débrouiller seuls pour trouver du travail ou avoir une pension. Non pas qu’ils le veuillent. Ils en tirent simplement le constat. Une vision assez réaliste alors qu’on assiste en belgique (comme dans le reste de la zone euro) au détricotage graduel des droits sociaux avec l’idée lancinante et répétée par des institutions économiques : il sera difficile, voir impossible, de payer des pensions décentes dans 40 ans. Et ce malgré que le pays ait atteint un PIB record.

Même constat dans le monde du travail où la résiliation au « chacun pour soi » semblent l’emporter sur l’ente-aide et la collaboration. Une situation qui leur apparait plus laborieuse que la vie de leur parent au même âge. Ainsi, le jeune fait face à un lourd paradoxe : il veut s’émanciper, mais de nombreuses portes lui sont fermées.

La réussite, c’est la famille

Près de trois quart des jeunes adultes sont dans l’attente d’une situation économiquement stable pour avoir un premier enfant. Mais comment est-il envisageable de trouver une stabilité si le monde du travail se précarise dans le même temps ? Conséquence, la grande majorité des 18-30 n’a pas d’enfant. Ils restent dans l’attente d’une stabilité qu’un monde du travail précaire a peu de chance d’offrir. Cette réalité est-elle liée la baisse de la natalité qui est observée dans le pays ? Doit-on craindre un déséquilibre démographique comme au Japon ?

Voilà nos jeunes plongés dans un autre paradoxe : La réussite par l’argent (15%) ou le travail (11%) n’est la volonté que d’une minorité d’entre eux. La carrière n’est plus considérée comme un pilier de la vie même si 63% reconnaissent que sans travail, on n’existe pas. C’est bien la famille qui constitue le cheval de bataille de la majorité d’entre eux. Mais la société ne leur donne pas les moyens de constituer un foyer stable. Contrairement à leurs contrats de travail, le « rêve » est reporté à une durée indéterminée.

tumblr_nex0we92qH1qccpz7o5_1280Diorama « Hyperland » de Karine Giboulo

Le jeune est le plus souvent seul, face à lui même

Ceux qui ont la chance d’avoir un travail, 33% (un tiers) ne s’y sentent pas respectés. La même quantité (33%) se sent très souvent anxieux, angoissés et déprimés. Difficile de trouver du réconfort chez un ami pour la majorité d’eux. 60% déclarent même ne pas avoir de « vrais amis ». Une victoire des relations superficielles ? La résultante de ce constat se trouve dans un autre chiffre : un quart des jeunes se sentent seul. Tout le monde est hyper-connecté, mais la solitude est galopante.

Encore une fois, les chiffres démontrent un comportement paradoxal. Si la majorité des jeunes sont en manque d’amitié ou souffrent de solitude, 55% d’entre eux ne veulent pas du vivre ensemble. La peur et le rejet de l’autre semblent prendre des proportions étonnantes. Comment en est-on arrivé à une situation où un jeune sur trois est mal dans sa peau et où le rejet de l’autre est si palpable ? Comment désamorcer cette possible bombe sociale ?

Rejet unilatéral du « système »

De la démocratie à l’éducation en passant par l’économie et la finance, les structures de la société ne font plus recette chez les jeunes adultes. 89% estiment que l’ascenseur social est cassé. 75% pensent que leur diplôme ne rencontre pas la demande. Plus de 90% pensent que l’éducation est inefficace. 93% croient que les gouvernants n’agissent pas véritablement ou pas du tout pour améliorer la qualité de vie. 50% pensent qu’il faut radicalement changer la société. 30% n’y croient plus et rejettent totalement la société.

Le bilan est palpable, la société telle qu’elle est n’offre pas les clés du bonheur à la jeune génération. Pourtant, cette même société pousse ces jeunes à consommer, vivre pleinement, gouter aux fruits de la vie. Conséquences de ce déséquilibre : paradoxes et anxiété.

10933933_1037372916279114_4698409640623225049_nImage : Collective Evolution

Le paradoxe généralisé

Le rêve occidental semble prendre des allures de cauchemar pour une part inquiétante de la jeune génération. Une génération qui prend d’abord conscience des limites de la société de l’abondance (crise environnementale, exploitation, décroissance) et, d’autre part, doit assumer les diverses facettes d’un crise systémique (chômage, perte des droits, inefficacité du diplôme,..) tout en faisant face aux messages d’une société de consommation qui incite à être libre, consommer, voyager et être acteur de sa vie. N’est-ce pas trop lourd pour leurs épaules ?

« Prenez votre vie en main, prenez-vous en charge vous-même, n’attendez rien de la société, ni de l’État. » 72% des jeunes entendent ce discours autour d’eux. En effet, une forte majorité de ces jeunes (70 à 80%) s’entendent dire qu’il faut vivre avec passion, qu’ils ont le choix, que c’est de leur responsabilité de prendre leur vie en main. Ces messages peuvent émaner autant de l’entourage que du monde publicitaire et médiatique. Ceci constitue-t-il une pression psychologique alors que le monde salarial déstructuré ne semble plus en mesure de répondre aux souhaits de l’ensemble de ces jeunes ? L’alternative de l’entrepreneuriat semblerait être une échappatoire, mais n’est-ce pas risqué en période de croissance faible et des cotisations / impôts élevés pour les petits indépendants ?

Des « acteurs » qui changent le monde ?

Le point positif de l’étude, c’est qu’une tranche des questionnés garde une vision optimiste de l’avenir. Malgré leur constat que le « système » doit évoluer, qu’il ne répond plus à leurs attentes, que le monde touche aux limites, ils gardent espoir. Ils sont considérés comme des « Acteurs » et ont la volonté d’apporter leur pierre à l’édifice d’un monde en changement. Ce groupe qui représente près d’un jeune adulte sur 5 estime qu’il faut changer nos modes de consommation en vue de respecter l’environnement. Ils pensent adapter leur mode de vie en matière d’énergie, de déplacements, d’éthique. Ils sont également plus enclins à la participation citoyenne et à la solidarité de proximité. Ils n’attendent rien du système ou d’un mouvement de masse. Ce « type » apparait généralement moins déprimé malgré qu’il vit généralement seul.

Autre point positif, 46% des questionnés sont indécis sur la position à prendre face au bouleversement de la société. On peut le voir comme une chose tragique, mais aussi comme un potentiel. 46% d’entre ces jeunes peuvent demain devenir à leur tour des acteurs de changement, s’ouvrir aux autres et apporter leur pierre à l’édifice d’un avenir serein. Mais ne leur vendons pas du rêve. La tâche ne sera pas aisée.

casa-de-super-adobe-leo-torcelloL’éco-dome de Léo

Source : https://mrmondialisation.org/generation-revolution-ou-generation-depression/

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