Archives mensuelles : décembre 2014

Se réconcilier avec le monde…

Edward_Robert_Hughes_-_Midsummer_Eve_(1908c)

 

 «  J’étais seule. Dans les premiers instants, j’ai trouvé ce paysage sinistre, et soudain, j’ai compris : je le regardais les yeux vides et le cœur sec. Je l’avais dépeuplé de ces nymphes, de leurs ébats sous les saules, mais dès que j’ai retrouvé leurs rires dans le murmure de la source, un court instant, comme une flèche d’or, le souvenir de Narcisse se penchant sur les eaux a illuminé le paysage. Vous allez peut être rire mais, depuis ce jour, j’ai décidé de me forger un sixième sens pour me réconcilier avec le monde. Un sens qui me permettrait de voir, d’entendre et de respirer le monde exactement comme il est : le monde avec sa propre mémoire. Le monde avec ses correspondances secrètes. Il faut veiller à faire du tissu de son âme une matière inflammable. Je suis venue, dans ce jardin, oublier les paupières baissées, qu’on m’a enseigné étant petite, à moi et à mes sœurs, comme on m’a enseigné à détourner le regard des ciels trop mélancoliques, des hommes trop beaux, des alcools trop forts, à mettre une feuille de vigne sur chaque image qui pourrait être suggestive. Plus de merveilleux, mais alors des heures vides que l’on s’empresse de remplir d’ennui ou d’horreurs. Le soir m’apprend la couleur du deuil et le cosmos, la force de l’amour. Imaginez-vous l’exemple que nous donne une étoile ? Morte, elle brille encore pendant des millions d’années, d’autant plus loin qu’elle a brillé vivante. 

 Si les hommes ne croient plus en la vie, ni en eux mêmes, ni en leur destin, pourquoi le monde devrait il croire en eux ? Ils l’ont dévitalisé ! Ils ont rangé les anges, les fantômes, et tous les signes du destin que leur envoient Dieu ou quelques lutins facétieux au rayon des panoplies de carnaval. Les hommes n’ont plus d’esprit, pourquoi voulez vous que la nature leur révèle les siens ? »

Hélène Grimaud

Transmis par Faon

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« Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. »

ozon
La crise écologique n’est pas simplement une crise de gestion de ressources. Elle révèle la nature des relations que nous avons instaurés avec la vie non-humaine sur Terre. Le terme de « ressource » est d’ailleurs en lui-même tout un programme. Quelle est la valeur intrinsèque d’une ressource? Aucune. La seule valeur d’une « ressource » réside dans son utilité pour celui qui la désigne comme telle. La chosification du monde est la conséquence d’un changement lent mais profond de notre culture. La crise écologique est l’occasion de dévoiler que nous ne sommes pas simplement confrontés à un problème de gestion de moyens, de gestion de ressources, mais c’est une crise culturelle profonde dont les prolongements dépassent largement ce qu’il est convenu d’appeler la problématique écologiste.
L’humanité est devenue une force géologique planétaire et l’Europe a été au cœur de ce processus. Elle a donc produit une partie des anticorps qui permettront de mettre fin à la destruction de la beauté, de la grâce, de la vie libre et sauvage. Les Européens, comme premiers hôtes de la maladie, sont aussi ceux qui portent le remède. Nous portons ainsi le nouveau sens de la Terre en ce que nous pouvons, avec d’autres, fabriquer les anticorps qui permettront de résorber la mise en magasin de la vie. Pour cela il faut exister, pour cela il faut vivre, pour cela il faudra assumer l’impératif de puissance.
Sont sincèrement écologistes ceux qui cherchent à renverser l’oligarchie de l’argent, la mafiacratie des transnationales et à soutenir les alternatives économiques, énergétiques, technologiques, etc. Tous ceux qui luttent contre la souffrance animale, tous ceux qui luttent pour protéger les paysages, tous ceux qui cherchent à satisfaire leurs besoins autour d’eux et à servir leur environnement proche. J’ai exprimé mon sentiment en écrivant ailleurs ceci, « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend ».

 

Laurent Ozon – France, les années décisives

Édition BIOS, p. 27-28

Transmis par Chamois

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La Crise du Monde Moderne

Renée Guénon

« Un des caractères particuliers du monde moderne, c’est la scission qu’on y remarque entre l’Orient et l’Occident.
Il peut y avoir une sorte d’équivalence entre des civilisations de formes très différentes, dès lors qu’elles reposent toutes sur les mêmes principes fondamentaux, dont elles représentent seulement des applications conditionnées par des circonstances variées.Tel est le cas de toutes les civilisations que nous pouvons appeler normales, ou encore traditionnelles ; il n’y a entre elles aucune opposition essentielle, et les divergences, s’il en existe, ne sont qu’extérieures et superficielles. Par contre, une civilisation qui ne reconnaît aucun principe supérieur, qui n’est même fondée en réalité que sur une négation des principes, est par là même dépourvue de tout moyen d’entente avec les autres, car cette entente, pour être vraiment profonde et efficace, ne peut s’établir que par en haut, c’est-à-dire précisément par ce qui manque à cette civilisation anormale et déviée.

Dans l’état présent du monde, nous avons donc, d’un côté, toutes les civilisations qui sont demeurées fidèles à l’esprit traditionnel, et qui sont les civilisations orientales, et, de l’autre, une civilisation proprement antitraditionnelle, qui est la civilisation occidentale moderne. »

René Guénon, La crise du Monde, 1927
Transmis par Chamois

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Nosce te ipsum

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« Connais-toi toi-même » 
Injonction de Socrate, inscrite sur le fronton du temple de Delphes consacré à Apollon.
Transmis par Chamois

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« L’éphémère possède un charme merveilleux, un charme d’une brûlante tristesse. Mais il y a plus de beauté encore dans le passé qui n’est pas révolu, qui ne s’éteint pas, se perpétue secrètement, dans le passé qui recèle une éternité cachée, refait surface dans la mémoire et se tapit dans les mots qu’il faut sans cesse invoquer ! »

H.Hesse, Le Loup des Steppes

Transmis par Hirondelle

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« Come, come, come, let us leave, let us leave the town. »
Henry Purcell, Fairy Queen

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Musique du Jour

 

Transmis par Chamois

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Notre avenir …

Colibri nous transmet un article qui donne à réfléchir et qui s’inscrit dans le sillage de celui sur l’accès des enfants aux nouvelles technologies publié récemment. Il soulève les questions de transmission, d’amour parental et, en le lisant, on est amenés à s’interroger sur le rôle paradoxal d’une société qui prépare « ses » enfants à l’infantilisation dont ils feront l’objet dans le futur.

KidZania, parc pédagogique ou marketing extrême ?

3110-KidZaniaUn extrait du court-métrage d’animation français « Logorama », réalisé par François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain en 2009 – Crédit : Studio H5

Le parc à thèmes Kidzania ouvrira ses portes à Londres en 2015. Cette espace gigantesque où les enfants pourront tester des métiers est présentée comme une expérience qui les prépare à la vraie vie, mais l’omniprésence des marques inquiète.

« C’est révolutionnaire », s’enthousiasme Joel Cadbury, héritier des chocolats du même nom, et président de KidZania Londres. Cette cité miniature à 20 millions de livres ouvrira en 2015 au-dessus du Mark’s & Spencer de l’immense centre commercial Westfield, dans l’ouest de la capitale britannique. Un univers à l’échelle des enfants qui, sur quelque 7 000 mètres carrés, permettra aux 4-14 ans de jouer aux grands.

Changer des pneus chez Renault

Au lieu de les envoyer sur des manèges à sensations comme un parc à thème lambda, KidZania reconstituera des lieux de travail, notamment des blocs opératoires, des cockpits d’avion, des chaînes de radio et des banques. Les enfants joueront à travailler et seront rémunérés en « KidZos » – au-dessus du salaire minimum, espérons-le. Ils pourront choisir entre plus de 60 rôles, pour des séances de 25 minutes chacune. Votre enfant pourra ainsi être éboueur le matin, pizzaiolo à l’heure du déjeuner et chirurgien l’après-midi.

Les gamins découvriront aussi comment piloter un avion de British Airways, porteront des colis habillés en vrais petits livreurs DHL et fabriqueront des smoothies [de la marque] Innocent. Au centre technique Renault, ils apprendront à changer des pneus, tandis que l’académie H&M leur enseignera le B.A.-BA de la mode et du design. A l’hôtel Dorsett, ils pourront être manager, réceptionniste ou encore faire les chambres.

Réalités du système bancaire

« Il s’agit d’ouvrir les yeux des enfants aux réalités de la vie », estime Joel Cadbury, qui se réjouit des nombreux « partenaires industriels » qui se rallient peu à peu au projet et associent leur marque. Mais quel intérêt pour les enfants ? « Une banque qui s’appellerait ‘La Banque’, ça ne ferait pas très réaliste », explique-t-il. En effet, KidZania compte déjà de nombreux partenaires du monde entier (dont McDonald’s, Waitrose, Epson, Sony, DHL, Walmart, Olay et Mitsubishi), mais le parc londonien n’a pas encore trouvé de banque. Peut-être un établissement en difficultés comme RBS [Royal Bank of Scotland, sauvé par l’Etat en 2009] pourrait faire comprendre aux enfants les réalités du système bancaire ? Je ne crois pas trop que Kidzania y songe.

La reconstitution la plus intéressante de KidZania tourne autour d’un simulacre d’incendie : là, les secours extrairont des fausses flammes une petite victime et vérifieront son pouls avant de la porter sur un brancard dans une ambulance miniature, direction les urgences, où des enfants infirmiers lui administreront des soins, tout « pour de faux ». Pendant ce temps, des enfants pompiers éteindront l’incendie, des enfants policiers ouvriront une enquête et des enfants journalistes de radio et de presse écrite se perdront en conjectures sur l’origine du sinistre.

Puce de géolocalisation

Le tout premier KidZania a ouvert en 1999 à Mexico. A ce jour, 35 millions d’enfants ont visité un parc KidZania, que ce soit à Mumbai, à Tokyo, au Caire, à Istanbul, à Lisbonne ou à Séoul [il y actuellement 16 parcs KidZania dans le monde ; ils seront 23 en 2015].

Partout, la formule est la même. A Londres, précise Joe Cadbury, « le ticket le plus cher sera à 28 livres [35 euros]. C’est plus avantageux que le baby-sitting ! » Les enfants sont équipés d’une puce de géolocalisation qui permet de les suivre en permanence pendant les quatre heures que dure la visite. Les parents les laissent vaquer à leurs occupations et peuvent s’installer au « Parents’ Clubhouse » pour suivre les activités de leurs rejetons – mais il est plus probable qu’ils en profitent pour aller tranquillement faire leur shopping, puisque presque tous les KidZanias ont eu la bonne idée de s’installer à côté d’un centre commercial.

Gagner plus, « comme dans la vraie vie »

A l’entrée des enfants dans le parc, le personnel leur remet un chèque et les accueille d’un « Que ta journée soit productive ! » Les petits peuvent aller encaisser leur chèque à la banque et acheter, avec leurs kidzos, de la nourriture, un billet de kart ou des souvenirs. Et ils peuvent aussi en gagner en travaillant. Ceux qui auront décroché un diplôme universitaire gagneront davantage – « comme dans la vraie vie », souligne Xavier López Ancona, l’inventeur mexicain du concept. Ils peuvent aussi ouvrir un compte bancaire, y déposer leur chèque et avoir  une carte bancaire qu’ils pourront utiliser aux distributeurs KidZania.

« Cauchemar capitaliste »

Mais personne ne trouve-t-il à redire au capitalisme et au consumérisme triomphants que prône KidZania, et à tout ce à quoi renvoie le concept en termes de travail des enfants ? « Moi, cela m’a l’air d’un vrai cauchemar capitaliste, réagit une maman contactée par e-mail. Je n’y enverrai pas mon enfant. »

Le dossier de presse que je me suis procuré ne s’adresse manifestement pas aux parents. L’idée que KidZania est « un moyen inédit et totalement novateur de consolider votre marque » me dérange franchement. Si l’on met les choses à plat, les parents paient pour permettre aux entreprises de mettre le grappin sur ceux que l’argumentaire présente comme « les clients de demain ». Les enfants, de petits êtres en formation ? Ici, plutôt des bénéfices potentiels sur pattes.

 Source : THE GUARDIAN | STUART JEFFRIES

 

Transmis par Colibri

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La Grâce de l’Escalade

la grâce de l'escalade

 

« (L’escalade en solo) … C’est le degré suprême de la concentration, de la maîtrise de ses peurs instinctives, de la fusion avec la nature. Une petite erreur, un seul geste mal calculé, et c’est la mort. Une manière de dire que l’art peut-être plus important que la vie, ou que la vie est plus belle avec un engagement total dans l’art. »

 

La Grâce de l’Escalade, Alexis Loireau, Edition Transboréal

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