Archives mensuelles : janvier 2014

« L’aventure, c’est l’aveu que la vie ne suffit pas »

http://www.grands-reportages.com/tv-sylvain-tesson-esprit-aventure

Sylvain Tesson est un aventurier et un écrivain français. Pour celles qui ne le savent pas, il est déjà venu chez nous « dans l’antre des Loups » dans la ville très bien nommée. Seule différence avec nous, c’est nos aventures collectives !

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janvier 27, 2014 · 5:58

Promouvoir l’esthétisme par une jolie coiffure … C’est à vous !

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janvier 24, 2014 · 9:41

CASPAR~1

« Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses » Franz Xavier Kapper

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janvier 23, 2014 · 2:14

Une femme hors du commun !

 Maud Fontenoy : « Traverser un océan à la rame, c’est une question de mental »

Maud Fontenoy

Pourquoi cette idée de traverser l’Atlantique à la rame ? Maud Fontenoy J’ai passé les quinze premières années de mon existence sur un voilier. J’adore la mer, et ramer, c’est être encore plus près d’elle. Six hommes avaient déjà traversé l’Atlantique à la rame, mais encore aucune femme, et je me suis dit : « pourquoi pas ? » Je voulais prouver qu’une femme pouvait aussi bien y arriver qu’un homme, que c’était plus une question de mental que de gros bras.

Comment vous êtes-vous préparée ? 
Des sorties en mer pour essayer le bateau, beaucoup de sport, mais surtout du mental. J’ai préparé mon projet toute seule de A à Z, en cherchant les sponsors, les partenariats, en faisant construire mon bateau, en travaillant pour avoir mon salaire…Quels sont vos souvenirs les plus forts ?
Le souvenir le plus merveilleux, c’est ma rencontre avec les baleines. Des monstres noirs majestueux, effrayants mais aussi presque complices. Les pires souvenirs, ce sont bien sûr les tempêtes, et principalement l’horrible dépression qui a duré 4 jours, avec des vents à 50 nœuds. J’ai chaviré 17 fois dans la même nuit. J’ai vraiment eu peur de la mort. Je pensais que j’avais 25 ans, que je voulais faire plein de bébés, que c’était révoltant de mourir là.

Cela vous a marquée ?
Quand vous avez vu la vie vous échapper et que vous la retrouvez, vous la ressentez puissance 10. Le retour sur terre est fabuleux parce qu’on apprécie dix fois plus toutes les petites choses auxquelles on ne faisait plus attention : le contact avec les autres, quand on a été seule pendant quatre mois, manger une pomme et pas des trucs en poudre, dormir dans un lit sec quand on a connu le duvet trempé… Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être un peu plus heureuse chaque jour qui passe. A l’arrivée, j’ai dit que mon sang pétillait comme du champagne. Et j’ai l’impression que ça continue. Aujourd’hui, lorsqu’il m’arrive d’être de mauvaise humeur, il me suffit de me souvenir de ce moment où j’ai promis d’être la plus gentille fille au monde si jamais je sortais vivante de cette tempête, pour me donner du courage.

Au quotidien, qu’est-ce qui était le plus dur ?
On dort très mal, par tranches d’un quart d’heure, on est continuellement angoissé par les cargos qui peuvent vous couper en deux, il faut rationner l’eau en permanence – un moment, mon dessalinisateur est tombé en panne et je n’en ai même plus eu du tout, j’ai dû boire alternativement de l’eau de mer et mon urine… Mais une des principales difficultés au quotidien a été la solitude. Ne pouvoir partager avec personne ni les moments de bonheur extraordinaire, ni la souffrance, la peur… Si j’ai bien appris quelque chose en mer, c’est que l’homme est vraiment un être social. Seul, on se transforme en animal. Dans les tempêtes qui me cassaient les côtes, j’avais parfois envie de me recroqueviller, de me laisser mourir là. Donc il faut se faire violence. Je parlais toute seule, je me forçais à tenir un journal de bord, à communiquer avec la terre. Même si parfois, c’était encore plus pénible de parler avec mes proches que de ne pas les entendre, tant leur vie quotidienne était en totale opposition avec ce que je subissais.

Etre une femme, cela faisait une différence ?
En tant que femme, on accorde plus d’importance à son apparence physique. C’était dur de ne pas se laver, d’avoir le visage qui pèle et les cheveux collés par le sel… Je n’osais même plus me regarder, tellement je me sentais laide. C’est parfois ce genre de choses ridicules qui peut donner envie de tout abandonner. Même si l’on ne croise aucun regard, je pense qu’on a besoin de se sentir soi-même pour avancer. C’est pour ça que je me forçais à me laver même si je gelais, que j’essayais de changer de t-shirt pour ne pas sentir trop mauvais… Au retour, ça a été un bonheur sans nom de prendre un douche chaude, de remettre mes sous-vêtements en dentelle, de me redécouvrir en tant que femme dans mon miroir.

Pourquoi avoir raconté votre expérience dans un livre ?
C’était une thérapie, j’avais envie de recracher mes moments de souffrance pour ne plus en faire des cauchemars. Il m’est arrivé d’être en larmes devant mon clavier en revivant certaines émotions. Par ailleurs, je voulais faire partager cette expérience aux gens, notamment à ceux qui m’avaient soutenue via mon site Internet.

Qu’êtes-vous devenue après votre retour sur terre ?
Je continue à travailler à mi-temps dans mon agence immobilière. Je donne beaucoup de conférences dans les écoles pour parler aux enfants de la protection de l’environnement. Et je m’occupe de mon association, « Jeunes marins briards », qui fait naviguer des jeunes des quartiers sur une yole de Bantry. Sur ce bateau traditionnel à voile et à aviron, ils font des régates dans le monde entier. Ce faisant, ils découvrent d’autres cultures, ainsi que les qualités inhérentes à l’aviron : le courage, la persévérance, la solidarité. Leur prochain rendez-vous : le défi jeunes marins, en juillet 2004 à Toulon.

Des projets ?
Je repars au mois de janvier 2005, pour une traversée du Pacifique à la rame. Ce sera également une première féminine. Je vais partir de Lima, au Pérou, avec le même bateau, pour une arrivée environ cinq mois plus tard en Polynésie, 8 000 kilomètres plus loin…

Pourquoi repartir ?
Pour l’aventure. Pour revivre cette magie au quotidien de la liberté, des soleils couchants, des baleines… Le Pacifique, c’est un océan mythique. Et puis, comme j’ai envie de faire plein de bébés, je pense qu’il faut que je réalise ce rêve d’abord. Lorsque j’aurai une famille, je ne pourrai plus partir dans des aventures aussi périlleuses et aussi longues. Mais attention, ce n’est pas non plus que j’ai l’insouciance de la jeunesse ! Mes projets sont extrêmement bien préparés. Reste les sponsors. Pour l’instant, je n’en ai pas… Mais quoi qu’il en soit, je suis déterminée à prendre la mer.

Le site de Maud Fontenoy, où l’on pourra suivre sa traversée du Pacifique en direct début 2005 : http://maudfontenoy.free.fr

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janvier 22, 2014 · 2:11

Colibri signe un excellent article qui fait un point sur le thème des réseaux asociaux !

Réseaux sociaux, réseaux d’ego?

J’écris cet article en complément à celui du Monde posté récemment sur FDL.  Mais aussi s’inscrit-il dans la continuité des nombreux écrits que vous avez dû lire au sujet des réseaux sociaux.

En effet, en quelques années seulement, les réseaux sociaux se sont enracinés dans la vie des individus jusqu’à la supplanter, pour certains. La presse s’est emparée du sujet à mesure où fleurissaient de nouvelles plateformes sur la toile : le scandale étouffé de la NSA en a été la preuve.

FDL -LIke

Mais, au-delà de la corruption de l’intimité (et de la pensée) prodiguée par les réseaux sociaux, revenons sur les fondements et les finalités de ceux-ci, et demandons nous en quoi cette coquille de relations humaines abrite un véritable absolutisme de l’ego ?

Les réseaux sociaux, théâtres de la quantification du « moi ».

Les critères chiffrés sont les premières attestations de la quantification du « moi » qui s’opère dans les réseaux sociaux.

De fait, il est intéressant de constater à quel point un internaute peut se targuer du nombre de followers qu’il a sur Twitter, du nombre d’abonnés qu’il a sur Instagram ou du nombre d’ « amis » qu’il a sur Facebook. Inversement, quelle peut être la déception de celui qui remarque que son post n’a obtenu ni de commentaire ni de like ou qui n’a pas reçu autant de vœux d’anniversaire virtuels que son prochain?

Cette peur de l’insignifiance n’a pourtant rien d’anecdotique : chaque jour, politiciens comme adolescentes voient leur moral dopé -ou froissé- par ces mini triomphes numériques.

Et, si cette quantification du moi affecte particulièrement les réseaux sociaux, c’est aussi un moteur dans le quotidien des entreprises où les salariés sont de plus en plus obsédés par leur évaluation. Plus grotesque encore, cette course à l’estime chiffrée s’immisce dans le quotidien et constitue désormais un nouveau ressort commercial : les technologies du quantified self  vont jusqu’à transformer le suivi personnel en joujou de consommation.

L’homo globalis, fragilisé par le manque de repères, cherche plus que jamais à se connaître soi même de manière tout à fait paradoxale.

Cette auto-connaissance superficielle se traduit par un monotoring acharné de soi, que le philosophe Carlo Strenger compare  à « une bourse globale du moi, [où] notre individualité ressembl[e] à une action cotée à Wall Street ».

En effet, l’expression bien connue « qu’est-ce que je vaux ? » n’a jamais pris un sens aussi littéral qu’à l’heure de la recherche effrénée du profit : la sphère économique déteint sur la sphère individuelle au point que l’homme se gère comme une petite entreprise, dans l’optique de booster sa productivité et d’être vu par le plus grand nombre.

Les chiffres, baume d’un ego insatisfait …

Mais le réconfort des chiffres suffit-il à combler le flou existentiel qui nous est inhérent ? N’est-ce pas en tentant d’occulter une part de notre ignorance derrière des évaluations futiles que l’on est le plus faible ?

Finalement, les followings ou les amis que l’on se figure avoir sur le web ne réincarnent-ils pas les indulgences que l’on achetait au Moyen-Âge pour accéder au Paradis ?

L’internaute cherche donc, à travers tous ces chiffres, à garantir sa place dans l’Eden virtuel des réseaux sociaux.

FDL Dieu ego réseaux

En effet, l’affichage compulsif de soi nourrit une illusion narcissique qui excite son sentiment de toute-puissance : quoi de plus paradoxal que de sentir tout-puissant en maîtrisant une image de soi qui n’est que virtuelle !

… et asphyxiant

Et, même s’il est de plus en plus difficile à l’admettre dans la nébuleuse des réseaux sociaux, nous avons des capacités d’invention de nous-mêmes très relatives. C’est pourquoi cette dilatation de l’ego peut avoir des conséquences pernicieuses, comme cela a été évoqué dans FDL. En bref (on ne le rappellera jamais trop), la pulsion scopique stimulée par les réseaux sociaux conditionne une envie généralisée. Cette envie est confortée par les mesures chiffrées qui quantifient le moi, de sorte que la vie des autres paraît souvent meilleure que la sienne. Ainsi, le Net générerait des sentiments tels que l’envie, la tristesse, la solitude (n’est-ce pas paradoxal pour un réseau se disant social ?), autant de « passions tristes », pour reprendre les mots de Spinoza.

Cette  fascination pour les autres, pour les people -aussi absurde soit elle- et cette exhibition outrancière de soi trouvent vraisemblablement son origine dans la fragilité du sujet contemporain. Effectivement, la précarité de l’individu moderne repose sur son manque de repères tels que les traditions et la famille, le travail ou le village qui l’inscrivaient dans un cadre hiérarchisé. La diffusion de l’égalité dans les structures actuelles dilue le sujet dans une masse qui le rend invisible, d’où sa nécessité de chercher une validation dans le regard des autres.

C’est donc à nous, Filles de loups, d’avoir pour horizon des relations collectives vraies, pour échapper au cocon d’égoïsme que les réseaux sociaux tentent de tisser autour de nous. 

 

 

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Les lectures de Colibri…

« L’homme châtré de tout son pouvoir créateur, et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L’homme que l’on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les bœufs en foin. C’est cela l’homme d’aujourd’hui. »

Antoine de Saint Exupéry, 1944

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janvier 18, 2014 · 7:00

Coiffées, nous sommes toujours plus jolies :)

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janvier 17, 2014 · 9:40

A lire durant un coup de blues : un des meilleurs antidépresseurs qui soient !

« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie, on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude,

mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie, de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir. Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir et où la responsabilité qui est l’once de tout destin, tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela, il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.

La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n’est sûr,
que rien n’est facile,
que rien n’est donné,
que rien n’est gratuit.
Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves, cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité
et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas

et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela

«L’Honneur de Vivre»

Hélie de Saint Marc

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J’ai entendu la rumeur …

Alors plutôt chignon ou nattes ? 
nattes 1Chignon

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Faon partage avec nous un peu de poésie !

Chêne

Voici la reprise par Jean Anouilh de la célèbre fable de Jean de la Fontaine dont la morale nous sied bien mieux !

Le chêne et le roseau

Le chêne un jour dit au roseau :
« N’êtes-vous pas lassé d’écouter cette fable ?
La morale en est détestable ;
Les hommes bien légers de l’apprendre aux marmots.
Plier, plier toujours, n’est-ce pas déjà trop,
Le pli de l’humaine nature ? »
« Voire, dit le roseau, il ne fait pas trop beau ;
Le vent qui secoue vos ramures
(Si je puis en juger à niveau de roseau)
Pourrait vous prouver, d’aventure,
Que nous autres, petites gens,
Si faibles, si chétifs, si humbles, si prudents,
Dont la petite vie est le souci constant,
Résistons pourtant mieux aux tempêtes du monde
Que certains orgueilleux qui s’imaginent grands. »

Le vent se lève sur ses mots, l’orage gronde.
Et le souffle profond qui dévaste les bois,
Tout comme la première fois,
Jette le chêne fier qui le narguait par terre.
« Hé bien, dit le roseau, le cyclone passé –
Il se tenait courbé par un reste de vent –
Qu’en dites-vous donc mon compère ?
(Il ne se fût jamais permis ce mot avant)
Ce que j’avais prédit n’est-il pas arrivé ? »
On sentait dans sa voix sa haine
Satisfaite. Son morne regard allumé.
Le géant, qui souffrait, blessé,
De mille morts, de mille peines,
Eut un sourire triste et beau ;
Et, avant de mourir, regardant le roseau,
Lui dit : « Je suis encore un chêne. »

Jean Anouilh

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janvier 12, 2014 · 8:24